Chernobyl, 40 ans déjà !

Qui se souvient que la catastrophe de Chernobyl a eu pour conséquence des millions de paysans pauvres qui mangent quotidiennement du Césium 137 avec leurs aliments ? Qui se souvient des jeunes mères contaminées donnant naissance à des enfants malformés… quand ils arrivent à terme (80 % des enfants naissaient avec des problèmes de santé en Biélorussie juste après l’accident. Depuis nous n’avons plus aucun chiffre officiel), des enfants qui avalent de la radioactivité matin, midi et soir. Qui se souvient des « liquidateurs », sortes de super-pompiers dont plus de 100 000 sont morts ?

Ajoutons à cela une zone de presque 5000 km2 irrémédiablement contaminée et interdite.

La catastrophe de Chernobyl, c’est une zone de presque 5000 km² irrémédiablement contaminée et interdite. C’est aussi une seconde explosion évitée de justesse, qui aurait engendré la contamination grave d’une grande partie de l’Europe, sans l’intervention des liquidateurs qui ont creusé une galerie sous le radier du réacteur, au prix de leur santé et/ou de leur vie. Ultime paradoxe, sans le régime totalitaire soviétique il n’y aurait pas eu de tels sacrifices.

scène apocalyptique avec des survivants armés en ruines - tchernobyl catastrophe photos et images de collection

Quelles leçons tirer de cette catastrophe ?

La première, c’est que la raison fondamentale pour laquelle nous devons nous opposer au nucléaire, c’est la survenue de la catastrophe possible en permanence. Car le nucléaire se révèle comme finalement incontrôlable et producteur de déchets eux-mêmes sources de catastrophes, comme à Kychtym en URSS en 1957.

La deuxième, c’est la place prise par la catastrophe dans notre vie quotidienne, son ressenti. Apparemment il n’existe pas de pédagogie des catastrophes en France, puisque les gens continuent d’élire des pronucléaires. Ou bien une approche différente des catastrophes jugées pas assez grandes pour écraser le monde pour les Français, mais suffisantes pour le réveiller comme en Italie et en Allemagne. Ou cela révèle tout simplement combien la France, tout comme le Royaume-Uni, est un des pays les moins démocratiques d’Europe, le lobby pro-nucléaire (en particulier l’armée) y étant suffisamment fort pour imposer cette activité mortifère, alors qu’ailleurs les populations ont pu y mettre fin.

La Bretagne n’est pas à l’abri d’une catastrophe nucléaire. Le vieillissement des centrales nucléaires, et en particulier celle de Flamanville qui a dépassé sa limite de fin de vie, les défauts du réacteur EPR de Flamanville (défaut de cuve, couvercle à remplacer, dysfonctionnement chronique des systèmes de sécurité…). Le roman de fiction de Geoffrey Le Guilcher « La Pierre Jaune », qui situe son action sur la Presqu’île de Rhuys, illustre parfaitement les conséquences que pourrait avoir un incident majeur à Flamanville.

Pour l’instant, force est de constater qu’après chaque catastrophe nucléaire, malgré un sursaut populaire provisoire, tout continue ensuite comme avant.

  • Bien sûr l’accident de Chernobyl serait une des causes de l’implosion de l’URSS, mais aujourd’hui la Russie a toujours autant de nucléaire…
  • Certes l’accident de Three Mile Island a entraîné la fin de nouvelles constructions de réacteurs aux USA, mais aujourd’hui il existe des projets pour le relancer.
  • Quant aux accidents des réacteurs de Saint-Laurent-des-Eaux en hiver 196, elle a juste généré un abandon de la filière française pour la filière américaine jugée plus sûre….

Naomi Klein a soutenu, dans son ouvrage intitulé « la stratégie du choc », que l’oligarchie libérale et néoconservatrice profitait des catastrophes, voire les provoquait afin d’imposer des solutions désastreuses pour les populations, mais profitables pour les multinationales.

Le nucléaire n’est pas la solution mais le problème !

Dans un contexte aussi morose, Stop nucléaire 56 Trawalc’h continue d’appeler à l’arrêt immédiat du nucléaire en espérant que « nous réussirons à distinguer au milieu de la montagne de désespoir une pierre d’espérance » (Martin Luther King).